
La saison de chasse avec les chiens est encore loin, mis à part ceux qui vont être utilisés pour des recherches de chevreuils en tirs d’été, mais ceux-ci sont déjà confrontés à l’un de leurs adversaires les plus discrets : la tique. Présente dans les sous-bois, les friches, les prairies et les zones humides, elle accompagne les sorties de printemps et d’été et représente un risque sanitaire réel, tant pour les chiens que pour leurs propriétaires. Une récente étude du programme CiTIQUE, piloté par l’INRAE, apporte un éclairage précieux sur la situation en Occitanie, où plusieurs agents pathogènes circulent activement.
Un quart des tiques analysées porte un agent pathogène
Les chercheurs ont analysé plus de 2 000 tiques collectées en France, dont environ 130 provenant d’Occitanie. Ces parasites avaient tous été prélevés après une morsure sur l’homme, permettant d’établir une cartographie précise des agents pathogènes présents sur le territoire. Le principal enseignement est que 27 % des tiques étudiées étaient porteuses d’au moins un agent pathogène transmissible à l’homme. La très grande majorité appartenait à l’espèce Ixodes ricinus, la tique la plus fréquemment rencontrée dans nos milieux forestiers et également la plus connue des chasseurs. Parmi ces tiques, 15,4 % hébergeaient des bactéries du groupe Borrelia burgdorferi, responsables de la maladie de Lyme. D’autres agents pathogènes ont également été identifiés : 7,1 % étaient porteuses de la bactérie responsable de l’anaplasmose granulocytaire, 2,9 % de celle à l’origine de la néoehrlichiose et 1,3 % du parasite responsable de la babésiose.
Des chiffres à surveiller pour les chasseurs et leurs chiens
L’étude estime que le taux d’infection lié à la maladie de Lyme en Occitanie se situe entre 12,5 et 15 %, un niveau inférieur à celui observé dans le Grand Est, où il atteint 20 à 25 %, mais suffisamment élevé pour justifier une vigilance constante. Pour les chasseurs, la problématique concerne d’abord les chiens. Quêtes dans les ronciers, passages répétés dans les herbes hautes, fréquentation des zones humides, ils réunissent toutes les conditions pour favoriser le contact avec les tiques. Même hors période de chasse, les entraînements, promenades et travaux de recherche au sang exposent les chiens. Il faut également rappeler que les chiens peuvent rapporter des tiques au domicile, augmentant indirectement le risque d’exposition pour leur entourage.
Prévention : le meilleur réflexe reste l’inspection systématique
La protection des chiens repose avant tout sur les traitements antiparasitaires adaptés, prescrits ou conseillés par le vétérinaire. Aucun dispositif n’est efficace à 100 %, d’où l’importance d’un contrôle minutieux après chaque sortie. Les spécialistes rappellent que plus une tique reste fixée longtemps, plus le risque de transmission augmente. Une inspection systématique du pelage, des oreilles, du cou, des aisselles et des espaces interdigités permet souvent de détecter rapidement les parasites. En cas de découverte, l’utilisation d’un tire-tique reste la méthode recommandée. Enfin, les chasseurs doivent également surveiller leur propre état de santé après une morsure. L’apparition d’une plaque rouge qui s’étend autour du point de piqûre, associée ou non à de la fatigue, de la fièvre ou des courbatures, doit conduire à consulter rapidement un médecin.
La tique reste un risque réel mais maîtrisable. Les chiffres de l’étude montrent surtout qu’une bonne prévention demeure aujourd’hui la meilleure arme pour protéger les chiens de chasse comme leurs propriétaires.
