Tétras-lyre, lagopède et bartavelle : les chasseurs des Hautes Alpes au cœur du suivi de la biodiversité

Dans les Alpes françaises, certaines espèces emblématiques de la faune de montagne traversent une période délicate. Le tétras-lyre, la perdrix bartavelle et le lagopède alpin sont confrontés à de multiples pressions avec l’évolution des habitats, le dérangement humain, le changement climatique ou encore la modification des pratiques pastorales. Face à ces enjeux, leur préservation repose avant tout sur une connaissance précise de l’état des populations. C’est dans ce contexte que les fédérations départementales des chasseurs de montagne, à l’image de la Fédération des chasseurs des Hautes-Alpes, mobilisent chaque printemps de nombreux bénévoles pour réaliser des comptages de terrain selon des protocoles scientifiques rigoureux. Un travail discret mais essentiel, qui place les chasseurs parmi les premiers contributeurs à la connaissance de la biodiversité montagnarde.

Des comptages au service de la connaissance

Chaque année, dès les premières heures du jour, des équipes de chasseurs participent aux comptages du tétras-lyre, de la perdrix bartavelle et du lagopède alpin sur des sites de référence répartis dans les massifs montagneux. L’objectif est simple et de recenser les oiseaux présents afin d’estimer l’évolution des effectifs et mesurer la dynamique des populations. Pour le tétras-lyre, les observations se concentrent notamment sur les places de chant où les mâles se rassemblent au printemps. Pour les perdrix bartavelles et les lagopèdes, d’autres méthodes adaptées aux particularités de ces espèces sont mises en œuvre avec des recensements au chant. Ces suivis représentent aujourd’hui l’une des plus importantes collectes de données de terrain réalisées sur la faune de montagne. Grâce à l’engagement de centaines de bénévoles, les informations recueillies offrent une vision particulièrement fiable de la situation des populations.

Toutes les espèces suivies, qu’elles soient chassables ou non

L’un des aspects souvent méconnus de ces opérations est qu’elles concernent sans distinction des espèces chassables et des espèces qui par leurs faibles effectifs ne le sont pas. Cette démarche démontre que l’objectif premier n’est pas le prélèvement mais bien la connaissance. Les données collectées servent d’abord à évaluer l’état de conservation des populations. Elles permettent ensuite de déterminer si une activité cynégétique est compatible avec leur situation ou si, au contraire, des mesures de restriction ou de suspension doivent être envisagées. Autrement dit, ce sont les résultats de ces suivis qui conditionnent les décisions de gestion. Sans comptages, aucune évaluation sérieuse ne serait possible.

Préserver les habitats pour préparer l’avenir

Le suivi scientifique n’est toutefois qu’une partie du travail réalisé sur le terrain. Les chasseurs participent également à de nombreuses actions concrètes en faveur de ces espèces. Parmi elles figurent l’entretien et le débroussaillage de certaines places de chant du tétras-lyre, l’amélioration de secteurs favorables à la reproduction ou encore diverses opérations destinées à maintenir des habitats de qualité. Ces actions s’inscrivent dans une logique de gestion durable où la connaissance scientifique et les travaux de terrain se complètent. Elles illustrent aussi une réalité parfois oubliée que dans les territoires de montagne, les chasseurs figurent parmi les observateurs les plus présents et les plus investis dans le suivi de la faune sauvage. À travers ces comptages printaniers, ils démontrent que la préservation de la biodiversité commence avant tout par une connaissance précise des espèces. Une contribution essentielle qui profite à l’ensemble du patrimoine naturel montagnard.

Cet article est paru en premier sur CHASSONS