Prédation : les Hautes-Alpes renforcent leur louveterie avec huit nouveaux lieutenants

Face à l’augmentation des attaques sur les troupeaux et à une pression de prédation qui ne faiblit pas dans les Hautes-Alpes, l’État a choisi de renforcer les effectifs de la louveterie départementale. Huit nouveaux lieutenants de louveterie viennent ainsi d’être nommés, portant prochainement leur nombre à trente. Une décision qui traduit la volonté des pouvoirs publics de disposer de davantage de moyens humains pour intervenir sur le terrain, au plus près des éleveurs confrontés à la présence du loup.Souvent méconnus du grand public, les lieutenants de louveterie sont des auxiliaires bénévoles de l’administration. Nommés par le préfet, ils participent à la régulation de certaines espèces lorsque les circonstances l’exigent, encadrent des battues administratives et apportent leur expertise dans des situations parfois complexes où se croisent enjeux agricoles, environnementaux et de sécurité publique.

Un renfort attendu face à une pression croissante

Avec huit nouvelles nominations, la louveterie des Hautes-Alpes enregistre une augmentation de ses effectifs de près d’un tiers. Le préfet Philippe Bailbé a justifié ce choix par l’intensité de la prédation observée dans le département. Dans un territoire où l’élevage pastoral occupe une place essentielle, les attaques sur les troupeaux génèrent des conséquences économiques, mais aussi humaines pour les éleveurs qui vivent ces épisodes comme de véritables traumatismes.L’objectif affiché est donc de disposer d’un maillage territorial plus dense et d’une capacité d’intervention renforcée lorsque les conditions réglementaires autorisent des opérations destinées à limiter les dommages causés aux troupeaux.

Une mission exigeante qui demande expérience et formation

Devenir lieutenant de louveterie ne se résume pas à détenir un permis de chasser. Ces bénévoles doivent maîtriser la réglementation, connaître les espèces concernées, dialoguer avec les services de l’État et intervenir dans des contextes souvent sensibles. L’arrivée de nouveaux effectifs constitue une bonne nouvelle, mais elle implique également un important travail d’accompagnement. Comme dans toute fonction de terrain, l’expérience s’acquiert progressivement. Les nouveaux nommés devront pouvoir bénéficier du soutien de leurs collègues les plus expérimentés afin de développer rapidement les compétences nécessaires à l’exercice de leurs missions.

Renforcer les liens avec le monde de la chasse

Dans les territoires ruraux, les chasseurs constituent souvent les premiers observateurs de la faune sauvage. Ils disposent d’une connaissance fine des secteurs, des déplacements du gibier et des réalités locales. De nombreux acteurs cynégétiques souhaitent ainsi que la montée en puissance de la louveterie s’accompagne d’une coopération toujours plus étroite avec les associations de chasse locales. Sans confusion des rôles, cette complémentarité pourrait permettre de gagner en efficacité, de mieux partager les informations de terrain et de renforcer l’acceptation des interventions menées.Dans un contexte où la prédation demeure un sujet particulièrement sensible, l’arrivée de huit nouveaux lieutenants de louveterie apparaît avant tout comme un renfort opérationnel. Leur réussite dépendra autant de leur engagement personnel que de leur capacité à travailler collectivement avec l’ensemble des acteurs du territoire : éleveurs, chasseurs, services de l’État et collectivités.

Crédit photo: préfecture des Hautes Alpes

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