Régulation du sanglier : le Gers démontre l’efficacité d’une action coordonnée

Face à l’augmentation continue des populations de sangliers, la question de la régulation est devenue un enjeu majeur dans de nombreux territoires ruraux. Dans le Gers, les résultats obtenus ces dernières années démontrent qu’une action coordonnée entre chasseurs, agriculteurs et services de l’État peut produire des effets concrets. Selon les chiffres communiqués par la préfecture, les indemnisations versées pour les dégâts causés aux cultures sont passées d’environ 400 000 euros en 2024 à 150 000 euros en 2025. Une baisse significative qui intervient pourtant dans un contexte où les populations de sangliers demeurent particulièrement abondantes.

Une mobilisation permanente des chasseurs

Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Tout au long de la saison cynégétique, les chasseurs participent activement à la régulation des populations de sangliers à travers les battues, les tirs d’affût et les tirs d’approche autorisés par la réglementation. Cette présence régulière sur le terrain constitue aujourd’hui l’un des principaux outils de prévention des dégâts agricoles. Au-delà de la période de chasse classique, des dispositifs complémentaires permettent également d’intervenir lorsque la situation l’exige. L’objectif reste toujours le même, celui de maintenir les populations à un niveau compatible avec les activités agricoles et limiter les conséquences économiques pour les exploitants.

Le rôle des lieutenants de louveterie

La préfecture du Gers souligne également l’importance du travail réalisé par les lieutenants de louveterie. Ces collaborateurs bénévoles de l’État interviennent notamment durant la période de fermeture de la chasse afin de prévenir les dégâts sur les semis. Leurs missions peuvent inclure l’organisation de battues administratives ou la présence des chasseurs en nombre est nécessaire, mais aussi des opérations de régulation plus spécifiques lorsque les circonstances l’imposent. Leur forte mobilisation au printemps 2025 avait d’ailleurs contribué aux résultats observés dans le département. Cette action ciblée vient compléter le travail réalisé par les chasseurs tout au long de l’année et participe à une gestion plus efficace des populations de grand gibier.

Une régulation qui doit rester dans le cadre légal

C’est précisément parce que des outils réglementaires existent que la préfecture a tenu à rappeler les limites à ne pas franchir. En matière de chasse, l’utilisation de dispositifs de vision nocturne, de vision thermique ou de moyens d’éclairage dans le département demeure interdite. De même, les actions de chasse de nuit ne sont pas autorisées. Seulement dans le cadre de missions administratives spécifiques, strictement définies par l’autorité préfectorale, peuvent être conduites certaines opérations de régulation nocturne. Ces interventions restent exceptionnelles et répondent à des objectifs précis de prévention des dégâts. Toute personne réalisant des tirs nocturnes en dehors de ce cadre ou utilisant des moyens interdits ne participe pas à la régulation mais commet une infraction relevant du braconnage. La préfecture du Gers indique d’ailleurs avoir constaté récemment plusieurs situations de ce type, conduisant les services compétents à renforcer les contrôles. L’exemple gersois montre qu’il est possible d’obtenir des résultats significatifs grâce à une régulation organisée, cohérente et respectueuse des règles. Les chiffres des indemnisations en nette baisse témoignent de l’efficacité des dispositifs actuellement déployés et des efforts de la fédération des chasseurs du Gers. Ils rappellent également qu’une gestion durable du sanglier repose autant sur la mobilisation des acteurs de terrain que sur le respect du cadre légal qui encadre leurs interventions.

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