Organisée à l’Université de Barcelone la 10e Conférence internationale sur le contrôle de la fertilité de la faune sauvage s’est tenue fin avril. Accueillant des chercheurs, des gestionnaires de la faune, des praticiens et des organisations du monde entier. Avec une participation internationale représentant 23 pays sur 6 continents. Une conférence organisée par l’Institut Botstiber pour le contrôle de la fertilité de la faune sauvage (BIWFC). Coyote, cerfs rats, blaireaux … mais aussi sangliers, de nombreuses espèces font l’objet de différentes études présentées lors de cette conférence.
« Stérilisation temporaire » des sangliers avec un vaccin immunocontraceptif
Manel Lopez-Bejar de l’Université Autonome de Barcelone et l’efficacité sur le terrain du vaccin immunocontraceptif GonaCon chez les populations de sangliers urbains
Au cours des dernières décennies, les populations de sangliers ont connu une expansion en Europe. Principalement grâce à des conditions écologiques et environnementales favorables. Les populations urbaines et périurbaines ont affiché une croissance particulièrement rapide. Malgré l’intensification des efforts, les stratégies de gestion conventionnelles se sont révélées insuffisantes.
Par conséquent, des approches alternatives telles que le contrôle des naissances sont explorées. Cette étude a évalué l’efficacité de l’immunocontraception comme outil de contrôle des naissances. Pour les populations de sangliers vivant dans les zones urbaines et périurbaines autour de Barcelone. Entre 2017 et 2021, 196 sangliers ont été capturés dans quatre municipalités. Les animaux répartis aléatoirement en groupes de traitement et de contrôle. Leur statut reproductif a été évalué par l’examen des organes génitaux et des glandes mammaires. Mais aussi de l’analyse des concentrations d’hormones reproductives. Le taux de recapture a été de 28,6 %.
Les résultats démontrent que la vaccination par GonaCon induisait une infertilité durant de 4 mois à 3 ans après traitement. Le vaccin s’avérant efficace chez 21 femelles, dont toutes les femelles en période péri-pubertaire. Ces dernières restant infertiles pendant toute la durée de l’étude. En revanche, deux femelles adultes étaient fertiles un an après le traitement. Parmi les 22 mâles vaccinés et recapturés, une infertilité a été observée chez sept individus, durant de 4 mois à 2 ans.
Pour les chercheurs l’immuno contraception représente un outil complémentaire prometteur.
« Ces résultats apportent des preuves concrètes sur le terrain, confirmant l’efficacité de GonaCon comme solution de gestion viable pour les municipalités recherchant des options de contrôle des populations respectueuses du bienêtre animal et non létales ».

Autre étude : la stérilisation des sangliers par un vaccin à base du virus de la variole porcine.
Seconde étude présentée par Mohammed Selman de La Fondation Amber et Adam Tarshis – États-Unis
« Nous avons développé un vecteur vaccinal vivant atténué à base de virus de la variole porcine. Ce dernier exprimant l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH) comme antigène cible. Ce vaccin, le GnRH-variole porcine, a été construit et caractérisé in vitro. Ces études pilotes in vivo ont démontré que le vaccin n’induit aucune maladie clinique chez les porcs. Provoquant la production d’anticorps contre le GnRH et le vecteur viral. Confirmant ainsi son potentiel en tant qu’outil sûr pour la gestion de la faune sauvage. Les études futures porteront sur l’évaluation de son efficacité contraceptive chez les porcs. Mais aussi sur l’évaluation de modes d’administration alternatifs, tels que l’appât oral, en plus de l’injection directe ».

Ce que disent les chercheurs de ces études et des précédentes menées depuis une vingtaine d’années
Les études concluent globalement que :
- le vaccin peut réduire durablement la fertilité des sangliers ;
- les effets secondaires restent limités ;
- la méthode pourrait limiter les conflits entre humains et sangliers sans recours massif à la chasse.
- les animaux conservent leur organisation sociale ;
Les scientifiques rappellent toutefois plusieurs difficultés :
- le vaccin doit encore être injecté individuellement ;
- capturer ou approcher les animaux coûte cher ;
- l’efficacité peut varier selon l’état sanitaire ou les parasites ;
- il manque encore de grands essais en population sauvage libre.
Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS
