Pourquoi un vautour s’attaque aux cigognes en Moselle ? Une scène naturelle qui bouleverse les habitants

Depuis plusieurs jours, un vautour fauve installé à Harprich, en Moselle, sème l’émoi parmi les passionnés de cigognes. Le rapace, très éloigné de son aire habituelle, s’attaque à des cigogneaux encore incapables de voler. Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont choqué de nombreux internautes. Pourtant, les spécialistes assurent qu’il s’agit d’un comportement naturel et qu’aucune intervention n’est prévue.

Un visiteur inattendu avec ce vautour au milieu des colonies de cigognes

L’histoire fait beaucoup réagir en Moselle et en Alsace. Depuis la fin du mois de mai, un vautour fauve a été observé dans le secteur de l’étang de Lindre, puis à Harprich, près de Dieuze. Sa présence est exceptionnelle. Cette espèce fréquente habituellement les Pyrénées ou les Alpes. Le rapace a rapidement attiré l’attention. Harprich abrite une importante colonie de cigognes, avec une trentaine de nids occupés. Or, les jeunes oiseaux, âgés d’une cinquantaine de jours, ne peuvent pas encore prendre leur envol.

Selon plusieurs témoignages, le vautour aurait déjà vidé quatre nids. Une dizaine de cigogneaux auraient ainsi disparu en quelques jours. Les scènes, filmées et photographiées, ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Pour les habitants, la situation est difficile à accepter. La cigogne blanche reste un symbole fort de l’Alsace et de la Lorraine. Pourtant, les spécialistes rappellent qu’il s’agit d’un phénomène naturel.

cigognaux au nid

Un comportement choquant mais jugé naturel

Contrairement aux idées reçues, le vautour fauve n’est pas un véritable chasseur. Ce grand rapace se nourrit principalement d’animaux morts. Cependant, les cigogneaux prisonniers de leur nid peuvent être considérés comme des proies faciles. Interrogé par Radio Mélodie  , Norbert Veber, président de l’Association intercommunale de sauvegarde de l’environnement (AISE), explique que les jeunes cigognes adoptent parfois une attitude proche de celle d’un animal agonisant. Le vautour agit alors comme un charognard.

L’Office français de la biodiversité a été informé. Norbert poursuit :

«  L’OFB n’interviendra pas, puisque nous sommes en présence de deux espèces protégées. Ce n’est pas un animal captif qui s’est échappé à priori. Les dernières informations que j’ai pu avoir, c’est qu’il semblerait qu’il y a un département en France où, apparemment, ils cherchent deux vautours sauvages qui ne seraient plus sur leur site habituel. Donc, possible que ce soit l’un d’eux. Mais l’OFB n’interviendra pas, puisque pour l’heure, il n’y a pas de danger particulier pour personne. C’est la nature qui fait son chemin. Ils sont sur le sujet, ils ont été preneurs de l’information, puisqu’ils ne savaient pas qu’il était à Harprich, du coup, ils vont suivre un peu le périple. Et puis, intervention si, vraiment, il y avait un danger particulier ».

Les spécialistes pensent d’ailleurs que le vautour ne fera qu’une halte temporaire en Moselle. Avec l’amélioration de la météo et les premières réactions des cigognes adultes, son séjour pourrait bientôt prendre fin.

Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS