Les microplastiques sont partout, dans nos océans, au sommet de l’Himalaya et aussi sous nos pieds 🙁. En France, une étude montre en 2023 que près de 3 sols sur 4 analysés en contiennent, de 100 jusqu’à parfois 1 000 particules par kilo de terre.
Et parmi les sources de cette pollution, il y en a une peu connue : le compost.
Or, nos sols agricoles s’appauvrissent. Pour les nourrir, outre le fumier, lisier et cie, les agriculteurs épandent du compost — notamment celui issu de nos biodéchets urbains.
Bonne idée en théorie. Mais en pratique ?
Des chercheurs INRAE ont passé 20 ans à analyser les sols du site expérimental de Feucherolles (Yvelines).
Au final, certaines parcelles accumulent
➡️ jusqu’à 417 kg de microplastiques par hectare,
➡️ soit l’équivalent de 1 400 bouteilles d’eau… enfouies dans chaque hectare de terre cultivée. 😶
L’origine ici ? Un type de compost extrait à partir de nos poubelles « tout-venant », où épluchures, restes de repas, plastiques et autres déchets se mélangent allègrement. Une fois dans le sol, les particules continuent à se fragmenter en nanoplastiques dans les sols, capables d’être absorbés par les plantes qui se retrouvent dans nos assiettes.
La bonne nouvelle : depuis 2024, le tri de vos épluchures, gazons et autres résidus compostables est obligatoire en France et limite cette pollution. Mais l’interdiction d’épandage du compost d’ordures ménagères résiduelles, elle, n’interviendra qu’en 2027.
🚨D’ici là, les scientifiques plaident pour une réglementation stricte.
Parce qu’on a (vraiment) besoin du compost pour nourrir les sols et stocker du carbone… mais pas au prix de les transformer en réservoirs de plastique.
🔬 Source : projet Plastisol, INRAE / Ademe (2022-2025)
La suite à lire dans notre dossier “Manger à l’ère des plastiques”, revue Ressources #9 : https://www.inrae.fr/ressources







