Entre quête intime et mémoire collective, Le ciel est immense de Feurat Alani nous plonge dans les secrets d’une famille irakienne marquée par la disparition d’un pilote. Roman de la rentrée littéraire 2025, il mêle enquête, silence familial et histoire de la deuxième partie du XXe siècle. Découvrez mon avis sur ce récit aussi pudique que déroutant.

Service Presse
Table des matières
Comment débute le livre ?
Le narrateur, Taymour, s’apprête à parler à la télévision russe. Il cherche son oncle, disparu avec son avion des décennies plus tôt. Mais est-il vraiment mort ? Quoi qu’il en soit, il va rendre publiques des informations que sa famille préférait garder cachées.
Dix ans auparavant, il apprenait que sa mère avait un frère, décédé dans un accident d’avion. Après avoir lâché ces informations, elle se referme.
Qu’en ai-je pensé ?
J’ai aimé cette enquête qui nous emmène dans une famille irakienne pendant plusieurs décennies. L’odeur du thé à la cardamome imprègne la maison de la grand-mère de Taymour, sa madeleine de Proust.
Les raisons pour lesquelles la famille reste mutique quant à Adel sont d’autant plus floues qu’il a laissé derrière lui une femme et un fils. Est-ce lié à la culture irakienne ? C’est du moins ce que sous-entend la maman de Taymour, mais, pour des Occidentaux, un peu plus de contexte aurait été le bienvenu.
J’ai aimé que l’auteur décrive en parallèle ses recherches et son inscription à l’émission Zdhi Menya (célèbre équivalent russe de Perdu de vue). Ce qui permet d’interroger la recherche d’une personne disparue, et dans ce cas précis, contre l’avis de la famille.
En revanche, s’ajoute à ces deux récits, une troisième histoire et la construction du puzzle m’a souvent perdue. Le roman commence en 2008, puis remonte en 1988, 2008 de nouveau, puis 1974, 1990 etc. Et non, les dates en haut de pages ne suffisent pas forcément au lecteur pour situer la scène : a-t-elle eu lieu avant ou après que… ? Il faut alors repartir en arrière dans la lecture, ce qui la rend difficile.
J’aurais aussi aimé que l’auteur reste moins en surface sur l’histoire et la culture irakienne. J’aurais aimé en apprendre plus sur ce pays qui a surgi dans nos vies pendant la première guerre du Golfe.
Mais, si l’aviation vous passionne, vous en apprendrez beaucoup sur une des merveilles technologiques de l’époque : le MIG-21. Mais j’avoue que ça m’a très peu intéressée. Bien sûr, c’est tout à fait personnel.
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Quels sont les thèmes ?
- Irak
- Secret de famille
- Disparition
Où et quand ?
Le livre se déroule à Bagdad, Paris et Krasnodar (Russie) des années 1960 jusqu’à 2008, avec, en arrière-plan, les différents coups d’État et l’influence russe sur les pays.
Qui sont les personnages ?
Ils sont tous difficilement appréhendables, et ce, malgré les mises en garde (un peu succincts tout de même) de la mère de Taymour :
« … Il faut tenir compte des différences.
— Quelles différences ?
— Le comportement. Tu comprendras avec le temps. »
Taymour
Il ne respecte pas le désir de silence de sa famille, et même si je ne l’ai pas compris moi-même, il est quand même du genre rentre-dedans.
Adel
Je peux comprendre que ce jeune homme mystérieusement disparu, et dont il ne reste qu’une photo à côté de son avion fascine. Il était l’occasion d’entrer dans les soubresauts de l’Histoire irakienne. Malheureusement, je suis restée sur ma faim.
Bibi Nahda
La grand-mère de Taymour accepte de raconter l’histoire de son fils Adel. À la fin du roman, il reste une interrogation : en savait-elle plus qu’elle n’en disait ?
Comment est-ce écrit ?
J’ai retrouvé la belle écriture immersive de Feurat Alani, journaliste franco-irakien, déjà remarqué dans Je me souviens de Falloujah.
Incipit :
« Toutes les familles ont un secret.
Il peut s’accrocher à une vie entière, emmurer les personnes qui le protègent, les forcer à marcher sur de la moquette épaisse, pour étouffer le bruit de leurs pas. Il est un silence qui étreint le cœur, qui ne nous libère jamais de son emprise. »
Citation :
« C’est en étudiant les carnets de vol de mon oncle et ses diverses notes que j’ai compris à quel point son lien avec le MIG-21 était profond. Il y racontait les sensations indescriptibles de ses premières manœuvres dans le cockpit, les accélérations qui semblaient défier les lois de la physique… »
Mon avis en résumé
Ce que j’ai aimé
- Partir en Irak
Ce que j’ai regretté (mais peut-être pas vous)
- Un roman qui reste trop à la surface des choses
- La structure éclatée
Mes notes
| 3,0/5 | |
| Personnages | 3,0/5 |
| Intrigue | 3,0/5 |
| Écriture | 4,5/5 |
| Moyenne | 3,4/5 |
Lecture facile
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Les recruteurs
Guillaume Dasquié

Info-livre : Le ciel est immense par Feurat Alani

Éditeur : JC Lattès
ISBN : 978-2-7096-7424-9
Pages : 272
Date de parution : 20/08/2025

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