Le 3 mai dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus. Un virus découvert à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert.
Parti d’Ushuaïa, en Argentine, début avril, le bateau transportait environ 140 passagers lorsqu’une série de cas graves est apparue à bord. Trois personnes sont décédées et plusieurs autres ont été hospitalisées. Le 6 mai, le séquençage viral réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines a identifié une souche d’hantavirus de type Andes. Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre.
Quarantaine, isolement, décret ministériel, le gouvernement en état d’alerte
Cette nuit le gouvernement a pris un décret ( consultable à ce lien ). Prescrivant les mesures d’urgence nécessaires à la gestion du risque d’infection à cet hantavirus. On y parle de l’hantavirus Andes. Evaluation médicale et épidémiologiques. Placement en quarantaine. Placement en isolement. Des mesures qui interrogent. Rappelant celles prisent lors de l’épidémie de covid. Doit-on craindre une pandémie ? Non selon les autorités qui parlent de principe de précaution. Idem selon certains scientifiques parlant de risque détecté à temps. Non disent encore d’autres qui expliquent que la découverte de ce virus n’est pas comparable à celui du covid.
Il est vrai que tout semble sous contrôle. Les passagers rapatriés du navire de croisière sont isolés. Le premier cas positif à l’hantavirus a été déclaré en France ce lundi 11 mai, accompagné de 22 cas contacts.
Mais quels sont ces virus appelés « hantavirus » ?
La première description clinique d’une maladie à hantavirus remonte à la guerre de Corée (1950-1953). A cette éqpoue plus de 3 000 soldats présentant une fièvre hémorragique avec syndrome hépato-rénal. L’identification du virus en cause se fait en 1976 par des chercheurs coréens. Il doit ainsi son nom à la rivière Hantaan qui se situe à la frontière entre les deux Corées.
Les infections à hantavirus sont relativement peu fréquentes à l’échelle mondiale. Leur létalité varie cependant entre les régions concernées (et les espèces virales en cause). Pouvant atteindre jusqu’à 50 % des cas. À l’échelle mondiale, on estime qu’entre 10 000 et 100 000 cas surviennent chaque année, touchant principalement l’Asie et l’Europe.
« On distingue les hantavirus de l’Ancien Monde, présents notamment en Europe et en Asie. Et ceux du Nouveau Monde, présents sur le continent américain, qui peuvent provoquer des formes plus sévères » Pr Anne Goffard. Médecin, virologue au CHU de Lille, enseignante à la faculté de Pharmacie de Lille et chercheure en virologie au Centre Infection et Immunité de Lille (CIIL) à l’Institut Pasteur de Lille.
Les hantavirus circulant sur le continent américain peuvent quant à eux entraîner des atteintes pulmonaires graves. Parfois responsables de syndromes respiratoires sévères. C’est cette forme qui est impliquée dans les cas récemment signalés à bord du navire de croisière.
Un des 38 hantavirus déjà présent en France
En Europe, et notamment dans le nord-est de la France, le principal hantavirus retrouvé est le virus de Puumala. Porté par un petit rongeur : le campagnol roussâtre. Le territoire des Hauts-de-France, notamment l’Avesnois et une partie du département du Nord, fait partie des zones françaises historiques d’endémie pour ce virus. L’infection peut provoquer une forme appelée « néphropathie épidémique », associant généralement fièvre, douleurs musculaires, fatigue importante et atteinte rénale transitoire. Dans de rares cas, des formes plus sévères peuvent survenir.
Même si les cas restent rares en France, un peu plus de 2 000 cas ayant été recensés en une vingtaine d’années, les hantavirus font l’objet d’une surveillance attentive notamment dans les zones d’endémie en raison des liens étroits entre santé humaine, environnement et biodiversité.
( Source : Institut Pasteur de Lille )
A l’heure actuelle la situation semble donc sous contrôle. Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS, a assuré qu’il ne s’agissait pas « du début d’une épidémie », pas plus que du « début d’une pandémie ».
Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS
