Grenaille de plomb, la transition aura finalement lieu dans sept ans !

De nombreuses incertitudes planaient sur le délai accordé aux professionnels pour bannir le plomb de nos cartouches de chasse. Sur son site internet le SNAFAM publiait récemment une note mentionnant une nouvelle version du texte rédigé par le Comité REACH concernant le délai d’application. Le périmètre même des munitions concernées ne cessait pas de varier. Lors d’un vote le 25 juin dernier le comité REACH a donc tranché !  L’interdiction progressive de la grenaille de plomb débutera dans sept ans. Les encartoucheurs disposent de ce laps de temps pour changer leur machine, trouver de nouveaux composants, créer une filière complète et alimenter le marché civil des chasseurs et tireurs sportifs. Un sacré challenge ! Le parlement doit approuver cette décision dans les 3 mois. Il peut l’approuver tacitement c’est à dire sans vote si personne au parlement ne demande un vote, sinon cela doit se passer par un vote à la majorité simple.

Uniquement la grenaille

Alors que les munitions métalliques étaient également concernées, de même que les « slugs », les munitions à balle pour fusils lisses, ces deux catégories sortent désormais du champ d’application de l’interdiction du plomb dans les munitions. Le législateur européen s’est surement rendu compte de l’amplitude de la réforme demandé aux fabricants, qui plus est dans un moment très délicat sur le plan de la sécurité et de la fourniture de munitions aux armées. Ce ne sont donc que les munitions à grenaille, destinées à la chasse du petit gibier notamment ou au tir sportif qui entrent dans le champ d’application de cette nouvelle mesure.

Un délai rallongé

A l’origine le délai retenu par le comité REACH qui a travaillé sur le sujet était de trois ans. Toute la filière, des fabricants jusqu’aux fédérations nationales des chasseurs européennes ont pesé de leur poids pour repousser ce délai à sept ans. La réforme est colossale ! Elle concerne aussi bien les machines-outils des unités de production que les composants et en particulier la grenaille d’acier qui provient majoritairement de Chine à l’heure actuelle. Il faut donc tout organiser et mettre en place une filière complète.

Nous sommes tous concernés

Tous les chasseurs et les tireurs sportifs sont concernés par cette décision ! Nous allons devoir à la fois écouler nos stocks de munitions ( le délai n’est pas encore fixé à l’heure actuelle) et nous préparer à cette transition car toutes les armes ne peuvent pas tirer des munitions chargées de grenaille d’acier hautes performances. Si le parc de fusils a bien évolué ces dernières années, nombres de chasseurs possèdent encore des armes lisses anciennes, qui ne sont pas éprouvées pour tirer ces nouvelles munitions. Les fabricants devront donc mettre au point des cartouches qui respectent les anciennes normes afin que ces chasseurs puissent encore se servir de leurs armes âgées et toujours fonctionnelles.

Un travail collectif

Ainsi que le rappelle Yvan Pham, président du SNAFAM et directeur général délégué de la société Nobel Sport, le plus gros encartoucheur français : « c’était une décision que nous espérions, mais rien n’était acquis. Ce résultat est le fruit d’un important travail de coordination entre toutes les parties. Il y a les industriels, l’AFEMS ( Association of European Manufacturers of Sporting ammunition), le SNAFAM (Syndicat professionnel National de la Filière Armurière) , la FNC (Fédération Nationale des Chasseurs) la CSNA (Chambre Syndicale Nationale des Armuriers , Détaillants en Armes et Munitions) et les pouvoirs publics. »

 

 

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