Corrèze : un dialogue assumé entre élus locaux et chasseurs

Le samedi 6 juin dernier, à l’occasion de l’assemblée générale de l’Association des maires de Corrèze, les élus du département avaient convié parmi leurs partenaires la Fédération départementale des chasseurs. Une invitation loin d’être anodine. Elle témoigne au contraire de la place qu’occupent aujourd’hui les chasseurs dans la vie des territoires ruraux et de la qualité des relations entretenues avec les collectivités locales. Devant les maires et présidents d’intercommunalités réunis pour l’occasion, le président Robert Madupuy a pu présenter les missions et les actions conduites par la FDC19 au service de la nature, de la biodiversité et des habitants. Une prise de parole qui illustre une réalité souvent méconnue, car dans de nombreux départements et territoires ruraux, chasseurs et élus travaillent quotidiennement sur les mêmes enjeux de terrain, dans le cadre d’une pratique cynégétique totalement acceptée et assumée !

Des partenaires de proximité au service des communes

Pour les maires ruraux, les chasseurs constituent souvent un réseau de bénévoles particulièrement impliqués dans la vie locale. Présents toute l’année sur le terrain, ils participent à la surveillance des espaces naturels, à l’entretien des habitats et à la remontée d’informations utiles concernant la faune sauvage. Cette connaissance fine du territoire représente un atout précieux pour les collectivités. À l’heure où de nombreuses communes doivent composer avec des moyens humains et financiers limités, pouvoir s’appuyer sur des acteurs présents au quotidien constitue un avantage indéniable.

Faune sauvage : des enjeux concrets pour les élus

Les échanges ont également permis d’aborder les problématiques qui préoccupent directement les maires, les dégâts agricoles, la sécurité routière liée à la grande faune, le suivi sanitaire des populations animales ou encore l’évolution des espèces sauvages. Sur ces sujets, les chasseurs interviennent souvent comme les premiers gestionnaires de terrain. Leur rôle dans la régulation des populations de sangliers, notamment, est régulièrement mis en avant par les élus confrontés aux conséquences de leur expansion. La Corrèze avec plus de 8 000 prélèvements par saison se place parmi les départements français où la pression de chasse sur le sanglier est importante, même si elle reste loin derrière des départements comme le Gard, l’Ardèche ou la Dordogne qui dépassent les 20 000 prélèvements annuels. Au-delà de la chasse elle-même, c’est toute une mission de gestion et d’observation qui est aujourd’hui reconnue par les collectivités.

Biodiversité et ruralité : des objectifs communs

L’intervention de la Fédération des chasseurs de la Corrèze a enfin permis de rappeler l’importance des actions menées en faveur des milieux naturels. Plantation de haies, préservation des zones humides, aménagements favorables à la petite faune ou suivis scientifiques font désormais partie intégrante des missions portées par les fédérations départementales. Autant d’initiatives qui rejoignent les préoccupations des communes rurales, soucieuses de préserver leur patrimoine naturel tout en maintenant une activité humaine dynamique sur leurs territoires. L’invitation adressée à la FDC19, lors de cette assemblée générale constitue finalement un symbole fort. Dans un contexte où la ruralité cherche à faire entendre sa voix, élus locaux et chasseurs démontrent qu’ils partagent souvent les mêmes préoccupations, via leurs actions pour préserver les paysages, accompagner les habitants et assurer une gestion équilibrée des territoires. Une réalité de terrain qui mérite parfois d’être davantage mise en lumière.

Cet article est paru en premier sur CHASSONS