Braconniers de Sologne : l’affaire revient devant la cour d’appel, la Société de Vènerie partie civile

La cour d’appel de Bourges s’est penchée, le 4 juin, sur l’affaire des braconniers de Sologne ( voir notre article ) . Six hommes sont accusés d’avoir participé à des expéditions nocturnes illégales visant la grande faune sauvage. Après une relaxe prononcée en première instance pour vice de procédure, le dossier a de nouveau été débattu sur le fond. L’arrêt est attendu le 1er octobre 2026.

Des expéditions nocturnes au cœur du dossier

L’affaire des braconniers de Sologne a profondément marqué le monde cynégétique. Entre 2022 et 2025, six hommes sont soupçonnés d’avoir organisé des sorties nocturnes sur des terrains privés de Sologne. Selon l’enquête de l’Office français de la biodiversité (OFB), les animaux étaient repérés grâce à des jumelles thermiques. Cerfs, biches, chevreuils et sangliers étaient ensuite poursuivis en 4×4. Certains auraient été abattus à l’aide d’armes équipées de dispositifs de vision nocturne. D’autres auraient été volontairement percutés ou écrasés par les véhicules.

Les enquêteurs ont également découvert des vidéos et des photographies montrant des animaux traqués dans les champs, des carcasses transportées sur des véhicules et des scènes de réjouissance après les mises à mort. Les faits auraient souvent été commis dans un contexte de forte consommation d’alcool.

braconniers en 4x4 la nuit dans une forêt

Une enquête fondée sur des pièges photographiques

Pour identifier les suspects, les agents de l’OFB ont installé des pièges photographiques sur plusieurs secteurs fréquentés par les protagonistes présumés. Ces éléments ont ensuite été complétés par des investigations téléphoniques et des données de géolocalisation. Les perquisitions menées en février 2025 ont permis la saisie de nombreuses armes, de munitions et de matériels de vision nocturne.

Toutefois, la défense conteste toujours la légalité de certains actes d’enquête. C’est d’ailleurs sur cette question que le tribunal correctionnel de Châteauroux avait relaxé les six prévenus en première instance ( voir notre article  )

La cour d’appel examine enfin le fond de l’affaire

Une 1ere audience en appel était prévu en novembre 2025, mais coup de théâtre elle avait été repoussée. Une audience qui s’est quand même tenue le 4 juin devant la cour d’appel de Bourges. Les avocats des prévenus ont renouvelé leur demande de nullité de la procédure. Remettant à nouveau en cause l’utilisation des pièges photographiques posés par les agents de l’OFB. La cour a toutefois décidé de joindre cette demande au fond du dossier. Cette décision a permis d’aborder en détail l’enquête menée entre 2022 et 2025 ainsi que le rôle présumé de chacun des six hommes.

L’avocat général a requis des peines allant de cinq à quatorze mois de prison avec sursis. Des amendes comprises entre 1 000 et 4 000 euros ont également été demandées. Le parquet a aussi requis des suspensions de permis de chasse, des suspensions de permis de conduire et des interdictions de détention d’armes pour des durées variables.

logo société de vènerie

La Société de Vènerie dénonce une atteinte à l’image des veneurs

Constituée partie civile dans ce dossier, la Société de Vènerie estime avoir subi un important préjudice d’image. Dans un communiqué diffusé après l’audience, son président, Pierre-François Prioux, a rappelé la position de l’institution :

« La vénerie est fondée sur une éthique stricte ; le respect des animaux chassés en constitue la règle de base. Il n’est pas possible de se dire veneur et de se livrer à des actes de braconnage ; c’est tout à fait contradictoire. »

La Société de Vènerie s’était jointe à l’appel aux côtés de la Fédération départementale des chasseurs du Cher, de l’Association départementale des chasseurs de grand gibier et de l’ASPAS. Elle s’est dite satisfaite que les débats aient permis d’examiner précisément les faits reprochés à chacun des prévenus.

La décision de la cour d’appel de Bourges est désormais attendue le 1er octobre 2026. Elle pourrait mettre un terme à l’une des plus importantes affaires de braconnage examinées ces dernières années en Sologne.

Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS