Bilan SAGIR 2025 : influenza aviaire, botulisme et nouvelles menaces sanitaires sous surveillance

Le bilan SAGIR 2025 vient de paraitre ( téléchargeable à ce lien) . Il confirme une pression sanitaire toujours forte sur la faune sauvage. Influenza aviaire, botulisme, peste porcine africaine et maladies vectorielles ont mobilisé le réseau de surveillance tout au long de l’année. Les données recueillies par l’Office français de la biodiversité (OFB), les fédérations des chasseurs et les laboratoires partenaires dressent un état des lieux préoccupant, mais essentiel pour anticiper les risques sanitaires.

Une année dominée par l’influenza aviaire

Le bilan SAGIR 2025 met en évidence une année particulièrement intense pour la surveillance sanitaire de la faune sauvage française. Le réseau SAGIR, piloté par l’Office français de la biodiversité, la Fédération nationale des chasseurs et l’ADILVA, a dû faire face à plusieurs événements majeurs.

L’influenza aviaire hautement pathogène reste l’un des faits marquants de l’année. À l’automne 2025, une circulation épizootique importante a été observée chez les grues cendrées. Cette situation a également exposé de nombreux mammifères nécrophages ou vivant à proximité des zones fréquentées par ces oiseaux. Le réseau SAGIR souligne la forte mobilisation des acteurs de terrain pour détecter rapidement les cas et limiter les risques de propagation.

Peste porcine africaine et nouvelles alertes sanitaires

Par ailleurs, la menace de la peste porcine africaine demeure sous surveillance. Un nouveau foyer détecté en Catalogne espagnole, à proximité de la frontière française, a retenu l’attention des autorités sanitaires. Cette proximité géographique rappelle la nécessité d’une vigilance permanente sur les populations de sangliers sauvages.

Le bilan SAGIR met également en avant plusieurs découvertes scientifiques. Une première détection du parasite Elaphostrongylus a notamment été réalisée chez un cerf en Ariège. Les maladies vectorielles ont aussi fortement marqué le second semestre 2025. Elles confirment l’impact croissant des évolutions climatiques sur la circulation des agents pathogènes.

canard mort botulisme

Le botulisme provoque des mortalités massives d’oiseaux

L’été 2025 a été marqué par une crise majeure de botulisme aviaire. Les plus fortes mortalités enregistrées en Loire-Atlantique. Le lac de Grand-Lieu et le marais de Brière ont chacun comptabilisé près de 5 000 oiseaux morts. Des cas ont également été signalés dans le Morbihan, la Sarthe et le Loir-et-Cher. Pour la première fois, un rat musqué porteur du botulisme identifié dans ce contexte sanitaire. Face à ces épisodes, plusieurs cellules de gestion ont été mobilisées pour assurer l’évacuation des cadavres et évaluer les risques sanitaires.

Des recherches pour mieux comprendre les maladies de la faune sauvage

Les travaux scientifiques menés dans le cadre du réseau ont permis d’approfondir les connaissances sur plusieurs maladies émergentes. Une étude consacrée à l’influenza aviaire mondiale entre 2020 et 2023 confirme l’impact considérable du virus sur de nombreuses populations d’oiseaux sauvages. D’autres recherches ont porté sur le virus RHDV2. Les analyses réalisées sur près de 500 échantillons issus de différentes espèces sauvages n’ont révélé aucune circulation significative du virus chez les blaireaux ou les ratons laveurs. Ces résultats apportent des éléments rassurants sur le risque de transmission à ces espèces.

lettre information réseau sagir bilan 2025

Le réseau SAGIR renforce son rôle stratégique

Enfin, l’année 2026 marque une étape importante pour la gouvernance du dispositif. Le premier comité de suivi SAGIR a réuni les fédérations de chasseurs, l’OFB, l’ADILVA ainsi que les ministères concernés. L’objectif est de définir les futures orientations stratégiques du réseau. Ce bilan SAGIR confirme l’importance de la surveillance sanitaire de la faune sauvage. Dans un contexte marqué par les changements climatiques et l’émergence de nouvelles maladies, le réseau apparaît plus que jamais comme un outil essentiel pour protéger la biodiversité et anticiper les crises sanitaires.

Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS