Après deux campagnes d’affichage détonantes, le maire de Baillargues persiste et signe. Cette fois encore, il cible ses déflagrations. Ainsi, le lapin de garenne se retrouve accusé de tous les maux : terrains ravagés, cultures détruites, et même la ligne de voie ferrée en danger. Dans la commune, une soixantaine de panneaux urbains affichent un message sans détour : « c’est moi qui saccage chaque nuit ton terrain, tes champs, ta ligne de voie ferrée ». Ces panneaux dits sucette adoptent le format standard du mobilier urbain, soit 1,76 x 1,20 m.
Une campagne choc contre le lapin de garenne
Jean-Luc Meissonnier, maire de Baillargues
« Il est question de sensibilisation pas de provocation. Je n’ai fait que répondre à l’appel à la mobilisation lancée par le préfet. »
Le civet de lapin de garenne comme réponse
Mais ce n’est pas tout. En effet, il faut une finalité à cette lutte contre le lapin de garenne. Alors, l’idée s’impose : tirer parti de sa chair, délicieuse par ailleurs. Le maire invite donc ses administrés à passer à table. Au verso des panneaux, la recette apparaît, au sens propre comme au figuré. Pour freiner la prolifération du lapin de garenne, il suffit de le cuisiner en civet. Cependant, entre humour assumé et volonté de sensibiliser, la campagne déclenche de vives réactions. Le Parti animaliste dénonce une initiative jugée choquante et déplacée, estimant que « les impôts locaux sont utilisés pour les blagues du maire ». Jamais en reste, la Fondation Brigitte Bardot cible une campagne « anti-animaux insupportable ». Elle accuse le maire d’encourager la cruauté envers les animaux et de ne pas privilégier des solutions non létales.
Le civet de lapin de garenne au menu face aux dégâts à Baillargues
Des dégâts qui s’accumulent
En parallèle, cette campagne s’inscrit dans un contexte tendu. Dans l’Hérault, le lapin de garenne saccage les cultures, les vignes, les jardins et les espaces verts, qui sont fortement touchés. Face à cette prolifération, Jérôme Despey, président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, demande aux autorités de faire intervenir l’armée en complément des chasseurs. Ainsi, l’État mobilise élus locaux, chasseurs et gestionnaires d’infrastructures pour contenir la situation. Le 4 mai, la préfète Chantal Mauchet réunit les représentants du monde agricole, les chasseurs, les lieutenants de louveterie, les gestionnaires d’infrastructures et les services de l’État afin de rappeler les mesures du plan départemental 2024-2027. Ce plan prévoit notamment le furetage en priorité, ainsi que des actions concrètes visant à réguler durablement la population de lapins de garenne.
Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS
