
Dans le massif des Corbières, déjà sinistré par l’un des incendies les plus dévastateurs de ces dernières décennies début août, près de 2 000 à 2 500 personnes se sont rassemblées en rave party dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 août à Fontjoncouse, en plein cœur d’une zone encore interdite et meurtrie. Une inconscience qui suscite colère, indignation… et une solidarité vocale du monde rural, notamment des chasseurs, touchés eux aussi par la catastrophe écologique.
Une zone encore à vif
L’incendie, parti le 5 août de Ribaute, a parcouru près de 20 000 hectares, détruit des dizaines d’habitations, blessé 25 personnes dont plusieurs pompiers, et coûté la vie à une habitante ayant refusé d’évacuer. C’était le désastre forestier le plus grave en Méditerranée depuis plus de cinquante ans. Une interdiction totale de circulation avait été mise en place par arrêté préfectoral dans cette zone, en raison de la “ dangereuse et sévère ” menace d’un réveil du feu. Malgré cela, la rave a attiré des milliers de teufeurs : 2 000 selon la préfecture, jusqu’à 2 500 selon d’autres sources.
L’indignation monte
Le préfet de l’Aude, Alain Bucquet, a dénoncé « avec la plus grande fermeté ce rassemblement aussi dangereux pour les participants qu’indigne pour les habitants directement frappés par l’incendie » et a ordonné l’évacuation immédiate du site. Le ton est plus émotive encore chez le maire de Fontjoncouse, Christophe Tena : « Voir des gens faire la fête là où les autres ont tout perdu, c’est honteux. Ils ne respectent rien ». Le chef triplement étoilé Gilles Goujon, dont le restaurant se trouve dans la commune, s’est dit « abominé » par cette fête :« Ils viennent danser sur nos cendres… la rave à cet endroit-là, à ce moment-là, c’est intolérable. »
Quelle logique ? Quelle responsabilité ?
Pour les chasseurs, ce type d’évènement illégal sur un territoire fragilisé, déjà privé de biodiversité et d’accès à des activités cynégétiques, est une provocation. On ne peut qu’être choqué quand on s’investit pour la résurrection de la biodiversité et quand certains continuent à vouloir faire la fête coûte que coûte, et ce, dans un contexte de sécheresse aggravée. À un moment où chaque hectare brûlé compte, et où la faune met du temps à recoloniser les parcelles, cette rave est non seulement irresponsable du point de vue environnemental… mais aussi profondément blessante pour les habitants et acteurs locaux qui tentent de ramener de la vie et du sens sur ce territoire meurtri.
Cet article est paru en premier sur CHASSONS
