Suède : un chasseur attaqué et blessé par un ours, formation et sécurité au cœur du débat

Un face-à-face brutal

L’information nous a été donnée par le média suédois SVT NYHETER : Le 25 août dernier, une chasse à l’ours a failli tourner au drame dans la commune de Vännäs, au nord du pays. Touché à plusieurs reprises sans être immédiatement abattu, un mâle de 161 kg a chargé l’un des chasseurs. Pris de fureur, l’animal a mordu le nemrod et lui a brisé le bras avant d’être finalement neutralisé. Heureusement, les blessures du chasseur sont restées relativement légères, mais l’incident rappelle à quel point un grand prédateur blessé peut devenir extrêmement dangereux. Comme le souligne Ellinor Sahlén, responsable des grands prédateurs dans la région : « L’ours est alors dans une situation où il se bat pour sa vie. Normalement, les ours évitent les humains, mais un animal blessé peut devenir extrêmement dangereux. »

Des incidents rares mais spectaculaires

La Suède autorise chaque année l’abattage d’environ 450 ours dans le cadre de la chasse sous licence. Si les attaques restent rares, deux en moyenne par an, leur violence marque les esprits et relance systématiquement le débat sur la préparation des chasseurs. Car face à un animal blessé, tout peut basculer en quelques secondes et les conséquences peuvent être dramatiques.

Le « permis ours », un gage de sécurité

La fédération suédoise des chasseurs (Jägareförbundet) plaide pour généraliser un entraînement spécifique, le « björnpasset » , surnommé « permis ours ». Cet exercice comprend des épreuves exigeantes, comme tirer trois coups en dix secondes sur des silhouettes d’ours à 20 mètres, avec obligation de placer une balle dans une cible de la taille d’une balle de tennis sur la tête de l’animal. Pour William Sidenbom, consultant en gestion de la chasse, cet entraînement permet de mieux connaître ses limites et d’acquérir les bons réflexes. Gunnar Glöersen, responsable national des prédateurs, insiste de son côté : « Les ours sont des animaux potentiellement dangereux. Il faut savoir ce qu’on fait, car tout peut aller très vite. »

Le sens des responsabilités des chasseurs mis en avant

Même si ces exercices sont déjà requis par certains clubs de chasse et compagnies forestières, ils ne sont pas encore obligatoires pour l’ensemble des chasseurs. La fédération souhaiterait désormais rendre le björnpasset systématique, notamment face à l’augmentation du nombre de nouveaux chasseurs d’ours ces cinq dernières années. Une démarche qui illustre le sens des responsabilités des organisations cynégétiques : préparer au mieux leurs adhérents, réduire les risques, et démontrer que la chasse de grands prédateurs comme l’ours ne s’improvise pas.

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