» Pour inaugurer la rubrique Mon jardin connecté de notre nouvelle formule, j’ai choisi de parler d’un certain frelon venu d’ailleurs qui terrorise les abeilles, les apiculteurs et une bonne partie de la société. Plan de lutte ici, destruction par drone là, l’insecte rivaliserait largement avec la tique pour le titre d’ennemi public !
Lorsque je fais relire la première version de mon texte je reçois le commentaire : « Il ne faut plus l’appeler frelon asiatique, car c’est stigmatisant ». En effet, l’autre nom « frelon à pattes jaunes » serait à privilégier désormais. Très bien, je mets en avant cette synonymie dans la version 2. À la relecture suivante, un autre collègue m’écrit : « Pourquoi tu n’écris pas frelon asiatique, tout le monde le connaît sous ce nom ? ». Finalement, je remercie la science d’offrir l’option Vespa velutina nigrithorax… un peu barbare à lire mais à l’étymologie savoureuse que l’on pourrait transcrire en : « guêpe veloutée à thorax noir ».
On pourrait rétorquer que ce n’est pas grave de nommer un être vivant par son origine géographique – ici asiatique –. Cela pourrait nous emmener loin, ayons simplement conscience que le nom des êtres et des choses détermine grandement la perception qu’on en a.
Qu’est-ce qu’une espèce, quelle est l’origine réelle ou supposée d’un être vivant, à partir de quelle ancienneté est-on indigène, qui est envahissant et qui ne l’est pas ? Restons humbles… et pour preuve, « notre » frelon dit européen est lui aussi originaire d’Asie et s’est dispersé dans son histoire vers le nord puis en Europe lorsque les conditions l’ont permis. En conclusion, nous sommes entourés de frelons eurasiatiques ! «
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