
Le tribunal correctionnel de Soissons a rendu ce 11 juin 2026 un jugement particulièrement attendu dans l’affaire de la mort d’Elisa Pilarski. Sept ans après ce drame survenu en forêt de Retz, dans l’Aisne, la justice a estimé que la jeune femme, alors enceinte, avait été mortellement attaquée par Curtis, le chien appartenant à son compagnon Christophe Ellul. Ce dernier a été reconnu coupable d’homicide involontaire par agression d’un chien et condamné à quatre ans d’emprisonnement intégralement assortis du sursis. Le chien lui devra être euthanasié. Avant toute chose, une pensée s’impose pour Elisa Pilarski et pour ses proches. Derrière les débats, les polémiques et les années de procédure demeure la disparition tragique d’une jeune femme de 29 ans et le drame humain vécu par sa famille.
Sept années d’enquête pour établir les responsabilités
Le 16 novembre 2019, la mort d’Elisa Pilarski avait suscité une émotion considérable dans toute la France. Très rapidement, la présence d’un équipage de chasse à courre dans le même massif forestier avait orienté l’attention médiatique vers les chiens du Rallye La Passion. Au terme de plusieurs années d’expertises et de débats judiciaires, le tribunal a toutefois retenu une conclusion différente. Les magistrats se sont appuyés sur les analyses vétérinaires et médico-légales qui ont exclu l’implication des chiens de vènerie. Les experts ont notamment relevé l’absence d’ADN des chiens de chasse sur la victime ainsi que des caractéristiques de morsures incompatibles avec celles de la meute présente ce jour-là. Le jugement retient ainsi que le décès d’Elisa Pilarski n’est pas lié à la chasse à courre.
Une accusation publique qui a durablement marqué la vénerie
L’affaire a toutefois largement dépassé le seul cadre judiciaire. Dans les jours et les mois qui ont suivi le drame, plusieurs organisations et personnalités opposées à la chasse à courre ont publiquement mis en cause la vénerie ou relayé cette hypothèse. La Fondation Brigitte Bardot, le mouvement AVA (Abolissons la Vènerie Aujourd’hui) par l’intermédiaire de son leader Stanislas Broniszewski, l’humoriste Rémi Gaillard, le journaliste Hugo Clément ou encore le député Bastien Lachaud ont tous à des degrés divers, associé la chasse à courre à ce décès ou contribué à entretenir cette piste dans le débat public. Avec le recul du jugement rendu aujourd’hui, force est de constater que ces prises de position apparaissent en contradiction avec les conclusions retenues par la justice. Pour de nombreux veneurs, cette période a laissé des traces durables. Certains ont dénoncé des campagnes de dénigrement, des insultes et parfois même des menaces, alors même que leur responsabilité n’était pas établie.
Un verdict qui ne clôt pas forcément le dossier
La décision du tribunal constitue néanmoins une étape majeure. Elle met judiciairement hors de cause les chiens de vènerie et réhabilite une pratique qui s’était retrouvée injustement au cœur d’une polémique nationale sans précédent. Cette affaire rappelle aussi l’importance de laisser le temps de l’enquête et de l’expertise avant de désigner des responsables dans des dossiers aussi sensibles. Car si la justice finit par établir les faits, les accusations formulées dans l’espace public peuvent, elles, marquer durablement les personnes ou les activités visées. Le dossier n’est toutefois pas définitivement clos. Christophe Ellul dispose encore d’un délai de dix jours pour interjeter appel du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Soissons.
