Depuis quelques années, beaucoup de Français sursautent en découvrant une grosse araignée poilue au mur ou dans la baignoire et se demandent : est‑ce la fameuse araignée Nosferatu ou une simple grande araignée domestique ? Les photos partagées sur les réseaux entretiennent la confusion, avec des silhouettes qui se ressemblent au premier coup d’œil.
En réalité, on voit surtout ces araignées à la fin de l’été et en automne, quand plusieurs espèces se croisent dans nos maisons. Entre l’araignée Nosferatu, espèce invasive qui progresse en Europe, et la tégénaire, installée depuis longtemps dans nos intérieurs, il existe pourtant des différences nettes. En observant la couleur, la taille des pattes, la présence ou non d’une toile, l’identification devient bien plus simple qu’il n’y paraît.
Pourquoi l’araignée Nosferatu et la tégénaire entrent dans la maison
À partir d’octobre, la période de reproduction de l’araignée Nosferatu commence et dure environ deux mois. Les adultes se déplacent alors davantage pour trouver un partenaire, ce qui augmente les rencontres avec les humains. Cette espèce, Zoropsis spinimana, originaire du bassin méditerranéen, s’est installée plus au nord et trouve dans les maisons des refuges secs et tempérés quand les nuits se rafraîchissent.
Les tégénaires, dont la grande araignée domestique Eratigena atrica, vivent pour leur part en intérieur tout au long de l’année, dans les caves, garages, débarras ou faux plafonds. Vers la fin de l’été, les mâles quittent leur cachette pour chercher une femelle, ce qui explique leur présence soudaine dans le salon ou la salle de bains. Elles restent pourtant discrètes et fuient le contact, occupées à capturer mouches et moustiques.
Araignée Nosferatu ou grande araignée domestique : les détails à observer
Pour différencier rapidement les deux, on regarde d’abord la silhouette. Le corps de l’araignée Nosferatu mesure entre un et presque deux centimètres, pour une envergure d’environ sept centimètres pattes comprises. Sa forme est trapue, le corps jaune à ocre étant décoré de motifs noirs et parfois clairs sur le dos et les pattes. La grande araignée domestique a un corps de taille voisine mais des pattes nettement plus longues, jusqu’à dix centimètres d’envergure, et une robe brun foncé à noire.
Un autre indice se voit sur le dessus du céphalothorax de l’araignée Nosferatu : un dessin sombre évoquant un masque, entouré de zones plus claires, et des pattes annelées munies de poils d’accroche. La tégénaire montre au contraire un corps plus allongé, sans motif central aussi net, et vit presque toujours au cœur d’une toile en nappe terminée par un entonnoir. Une grande toile au coin d’un mur avec un tunnel au fond signale donc plutôt une tégénaire qu’une Nosferatu, qui chasse à découvert sans piège de soie.
Nosferatu et tégénaire dans la maison : risques réels et gestes simples
Malgré leur allure impressionnante, les deux espèces restent peu agressives envers l’être humain. Le venin de l’araignée Nosferatu, décrit par les spécialistes comme destiné surtout à paralyser de petites proies, n’est généralement pas considéré comme dangereux pour une personne en bonne santé. Les morsures signalées concernent surtout des animaux coincés contre la peau. Comme pour une piqûre d’insecte, une douleur locale et une petite inflammation peuvent apparaître ; en cas de réaction forte ou inhabituelle, un avis médical reste recommandé.
Face à une grande araignée dans la maison, le plus simple est de la capturer sous un verre glissé contre le mur, puis de faire passer une feuille entre la paroi et le support avant d’aller la déposer au jardin. Ce geste évite de l’écraser tout en limitant le stress pour l’animal. Pour réduire les rencontres, on peut aussi boucher les fissures, installer des moustiquaires et aspirer régulièrement les vieilles toiles de tégénaires. En apprenant à distinguer araignée Nosferatu et grande araignée domestique, ces visites nocturnes prennent une toute autre dimension.
