Les attaques d’ours en Europe continuent d’alimenter les débats sur la gestion des grands carnivores. Plusieurs incidents mortels enregistrés depuis 2025 en Bulgarie, en Roumanie, en Pologne et en Grèce rappellent les enjeux liés à la sécurité publique. Pour FACE, ces drames soulignent la nécessité d’une gestion pragmatique, fondée sur des données fiables et des protocoles d’intervention efficaces.
Plusieurs attaques d’ours en Europe relancent les inquiétudes
Les récents incidents mortels survenus en Pologne, en Roumanie et en Bulgarie, ainsi que le cas enregistré en Grèce en 2025, rappellent les défis liés à la coexistence avec l’ours brun. Les objectifs de conservation doivent s’appuyer sur des données démographiques fiables. Ils nécessitent également une prévention efficace, des protocoles d’intervention clairs et des outils de gestion adaptés afin de garantir la sécurité publique.
Des événements particulièrement suivis par la Fédération des associations de chasse et de conservation de l’Union européenne (FACE). Ils mettent en évidence plusieurs préoccupations récurrentes. Parmi elles figurent la sécurité des personnes, le suivi des populations. Ou encore la gestion des animaux à problèmes et les mesures concrètes de coexistence. De plus, ces dossiers rappellent que la présence des grands carnivores n’est plus seulement une question environnementale. Elle est aussi devenue un enjeu de sécurité pour les usagers des espaces naturels et les communautés rurales.

Un randonneur retrouvé mort en Bulgarie
Le 16 mai 2026, un randonneur de 35 ans a été retrouvé mort dans le parc naturel de Vitosha, près de Sofia, en Bulgarie. L’attaque d’un ours brun figure parmi les causes envisagées. Son corps a été découvert à proximité des sentiers reliant plusieurs refuges de montagne. Cette zone est très fréquentée par les randonneurs. Le chercheur Raycho Ganchev a mis en garde contre une perte progressive de la crainte des ours envers l’homme. Selon lui, cette évolution pourrait augmenter les risques d’incidents. Il a également insisté sur la nécessité d’améliorer les connaissances et la gestion des populations d’ours. Ce drame intervient alors que plusieurs pays européens s’interrogent sur les moyens d’assurer une coexistence durable entre les hommes et les grands carnivores.
Roumanie et Pologne également touchées
En Roumanie, un homme porté disparu depuis le 27 avril 2026 retrouvé mort près de Farkaslaka, dans le comté de Harghita. Des marques de morsure constatées sur son corps. À l’arrivée des secours, un ours se trouvait encore à proximité. Cette affaire a ravivé les inquiétudes des habitants concernant les capacités d’intervention et la gestion des populations locales.
Quelques jours plus tôt, en Pologne, une femme de 58 ans a perdu la vie près de Płonna, dans la région des Bieszczady. Elle ramassait des bois de cerf tombés lorsqu’elle s’est séparée de son fils. Celui-ci aurait entendu sa mère crier « ours, ours » au téléphone avant que la communication ne soit brusquement interrompue. Les recherches ont été compliquées par l’accès difficile au secteur. La victime a finalement été retrouvée décédée de ses blessures.

Le cas grec souligne une problématique transfrontalière
Juin 2025 : un touriste retrouvé mort dans un ravin des Rhodopes centrales, en Grèce, près de la frontière bulgare ( voir notre article). Son compagnon aurait indiqué avoir été attaqué ou poursuivi par un ours. Cette affaire illustre le caractère transfrontalier de la présence de l’espèce dans cette région montagneuse.
Messages clés pour la coexistence et la gestion
Ces incidents mettent en lumière plusieurs problèmes récurrents :
- Les rencontres avec des ours bruns ne se limitant pas aux zones sauvages reculées ; des incidents également signalés près de refuges, de routes ou de zones fréquentées par les randonneurs.
- Des estimations démographiques fiables demeurent un élément central du débat politique.
- Les autorités locales et les communautés de plus en plus préoccupées par la perte de crainte des ours envers les humains ( voir notre article).
- La prévention, la sensibilisation du public et les protocoles d’intervention rapide essentiels dans les zones où vivent des ours.
- Un problème de plus en plus transfrontalier, notamment dans les régions montagneuses partagées ou reliées entre les États membres.
Ces cas confirment que la conservation des grands carnivores doit s’accompagner d’outils de gestion concrets. L’ours brun est une espèce protégée et fait partie du patrimoine naturel européen, mais les succès en matière de conservation doivent s’accompagner de mesures de gestion pragmatiques qui protègent les populations, les communautés rurales et tous les usagers des espaces naturels.
Source : FACE
Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS
