
Chaque année, avec l’arrivée des beaux jours, un ennemi discret réapparaît dans les plaines, les chaumes, les friches et les bordures de chemins : l’épillet. Souvent considéré comme un simple désagrément végétal, il représente pourtant l’un des risques les plus fréquents pour les chiens de chasse durant la période estivale. Quêteurs infatigables, broussailleurs passionnés ou rapporteurs de marais, nos compagnons cynégétiques sont particulièrement exposés. Un simple passage dans une prairie sèche peut suffire pour qu’un épillet s’accroche au pelage et commence sa progression dans l’organisme. Chaque saison, vétérinaires et conducteurs de chiens sont confrontés à des situations qui auraient parfois pu être évitées grâce à une surveillance accrue.
Pourquoi les chiens de chasse sont particulièrement exposés
L’épillet est la partie terminale de certaines graminées arrivées à maturité. Sa structure est redoutable avec de minuscules barbes orientées dans un seul sens lui permettent d’avancer continuellement sans jamais reculer. Le chien de chasse réunit malheureusement tous les facteurs de risque. Il évolue pendant plusieurs heures dans des milieux riches en herbes sèches, fouille les ronciers, traverse les chaumes et explore les bordures de cultures. Les races aux oreilles tombantes, comme les cockers, springers ou setters, sont particulièrement vulnérables, mais aucun chien n’est véritablement épargné. Oreilles, narines, espaces interdigités, yeux ou plis cutanés constituent autant de portes d’entrée potentielles. Une fois engagé dans les tissus, l’épillet peut provoquer inflammation, infection et parfois nécessiter une intervention vétérinaire rapide.
Les signes d’alerte que tout conducteur doit connaître
Sur le terrain, certains comportements doivent immédiatement attirer l’attention du chasseur. Un chien qui secoue brutalement la tête à plusieurs reprises, qui se frotte l’oreille au sol ou qui manifeste soudainement une gêne importante peut avoir un épillet dans le conduit auditif. De la même manière, des éternuements répétés et violents après une quête peuvent révéler la présence d’un épillet dans une narine. Au niveau des pattes, une boiterie soudaine, un léchage insistant ou un gonflement entre les doigts doivent également alerter. Plus l’intervention est précoce, plus les chances de retirer l’épillet facilement sont importantes. Face à ces symptômes, il est préférable de consulter rapidement un vétérinaire plutôt que d’attendre une évolution défavorable.
Prévention : les gestes indispensables avant et après la chasse
La meilleure arme reste la prévention. Durant toute la période à risque, un entretien régulier du chien permet de limiter fortement les incidents. Les oreilles doivent être dégagées et les poils excessifs raccourcis autour du conduit auditif. Les espaces entre les doigts méritent également une attention particulière, notamment chez les races à poil long. Après chaque sortie, même en période d’entraînement, une inspection minutieuse du chien devrait devenir un réflexe. Quelques minutes consacrées au contrôle des oreilles, des yeux, des pattes et du pelage permettent souvent de détecter un épillet avant qu’il ne provoque des complications. Enfin, les territoires de chasse eux-mêmes peuvent faire l’objet d’une vigilance particulière. L’entretien des abords de chenils, des zones d’entraînement et des parcelles fréquentées régulièrement par les chiens contribue à réduire leur exposition. Pour les chasseurs comme pour leurs auxiliaires à quatre pattes, la saison des épillets est désormais aussi prévisible que celle des tiques. Un risque souvent banal en apparence, mais qui mérite toute notre attention afin de préserver la santé et l’efficacité de nos compagnons de chasse.
