9.3×62, le roi des calibres de battue ?

Sans dire qu’il est tombé dans l’oubli, force est de constater que le 9.3×62 reste souvent dans l’ombre de son cousin, le 9.3x74R. Plus surprenant encore, il semble perdre du terrain ces dernières années face à l’omniprésent 30-06… Un calibre qui propose pourtant des performances radicalement différentes.

Un peu d’histoire

Le calibre 9.3×62 fut inventé en 1905 à la demande de Mauser par Monsieur Otto Bock, un armurier berlinois. Mauser souhaitait un calibre doté d’un fort pouvoir d’arrêt pouvant être utilisé dans ses armes à verrous de l’époque (Kar 98), mais également qui ne soit pas un calibre de guerre pour pouvoir l’exporter un peu partout. Utilisé en premier lieu par les colons allemands en Afrique, le 9.3×62 a donc eu cette appellation de calibre africain pendant très longtemps. Non pas qu’aujourd’hui il ne puisse plus servir sur le continent noir, mais il est davantage utilisé en Europe que de l’autre côté de la Méditerranée.

Mauser K98 en calibre 9.3x62
Mauser K98 du début du siècle dernier en calibre 9.3×62

Au début du siècle, le 9.3×62 était donc utilisé pour chasser toute sorte de gibier africain, du fauve au pachyderme en passant par le buffle.

Une balistique redoutable

Il est tout à fait légitime de qualifier le 9.3×62 de calibre « lourd et lent ». Le grammage de ses ogives oscille généralement entre 14,5 et 18,5 grammes, tandis que la norme CIP fixe la pression maximale admissible à 3 900 bars. Si sa vitesse à la bouche flirte traditionnellement avec les 655 m/s, les avancées technologiques et l’apparition de projectiles allégés permettent désormais à certaines munitions de tutoyer la barre des 800 m/s. De quoi élargir considérablement les horizons d’utilisation de ce calibre !

En matière d’énergie cinétique (E0), le 9.3×62 déploie une force colossale, comprise entre 4 500 et 5 000 joules. À 100 mètres (E100), il conserve une puissance d’arrêt redoutable, affichant encore 3 500 à 4 000 joules selon l’encartouchage choisi.

Sauer 404 9.3x62. Raffinement et efficacité
Sauer 404 9.3×62. Raffinement et efficacité

Maintenant si tous ces chiffres ne vous parlent pas forcément, nous pouvons effectuer quelques comparaisons. Ainsi, si l’on fait un petit tour sur le site RWS qui regorge d’informations techniques sur les munitions, comparons une balle EVO en 9.3×62, 9.3x74R et 30-06 SPRG

  9.3×62 (18.8g) 9.3×74 (18.8g) 30-06 (11.9g)
Vitesse 0m 690 665 810
E0 4532 4157 3904
E100 4151 3755 3528
E200 3174 2731 2553

Alors convaincu ? Le 9.3×62 surclasse le 9.3×74 à tous les niveaux, et développe beaucoup plus de puissance (joules) qu’un 30-06. Bien sûr, ces chiffres varient d’une ogive à une autre, et d’un fabricant à l’autre, mais cela vous permet dans le cadre de cet article de voir la pertinence de ce calibre. Si l’on voulait être très complet, il faudrait par ailleurs parler de la quantité de mouvement, qui est une autre forme de calcul de puissance, mais ceci dit on retrouverait le 9.3×62 là encore très bien placé !

Balle RWS EVO calibre 9.3x62
Balle RWS EVO calibre 9.3×62

Un calibre polyvalent

L’on vient de voir que le pouvoir d’arrêt du 9.3×62 est impressionnant, et cela jusqu’à 200m sans problème, mais est-il précis jusqu’à cette distance à votre avis ? Son étiquette de calibre lourd et lent donnerait l’impression qu’au-delà de 100m, la balle s’effondre comme la cote de popularité d’un président qui vient d’être élu, mais pas tant que cela.

La DRO (distance de réglage optimal) est aux alentours de 150m. 147m précisément pour la EVO utilisée dans notre exemple ci-dessus. Mais si vous prenez une EVO Green de 11.2g, toujours encartouchée par RWS, vous obtenez une DRO à 182m, et seulement -2.4cm à 200m. Avouez que ces chiffres ont de quoi faire pâlir un 30-06 SPRG ou un 7RM non ?

La preuve est faite que pour la chasse en France, hormis pour la chasse en montagne, le 9.3×62 est un calibre extraordinaire. Parfait pour la chasse en battue du sanglier, des cervidés, mais aussi des chevreuils (à condition d’avoir l’ogive qui va bien) il pourra vous servir sans problème pour chasser occasionnellement à l’affût.

Seul bémol : un recul parfois qualifié de « sec ». Si cela passe inaperçu lors d’un tir d’adrénaline en battue, la sensation est plus vive à l’affût. Un frein de bouche ou un modérateur de son peut toutefois transformer l’expérience pour les plus sensibles. Enfin, gardez à l’esprit qu’avec une munition plus lente, une correction de l’avance un peu plus prononcée sera nécessaire sur le gibier en fuite.

Bonne chasse !

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